Perdu et retrouvé

Une des activités que nous attendions depuis longtemps est la randonnée menant à la Ciudad Perdida, près de Santa Marta en Colombie. La cité perdue est une cité anicenne, fondée dans les années 800 avant J.-C., qui a été abandonnée, peu après l’arrivée des Espagnols, au 16e siècle. On sait peu de choses sur le site et ses usages. Notre guide nous a approximativement raconté ce qu’on explique aussi sur Wikipédia. N’empêche, une cité perdue au milieu de la jungle, visitée par quelques milliers de personnes par année seulement, ça nous parlait.

Pour atteindre la cité, nous avons dû déterrer l’Indiana Jones qui sommeillait en nous, un défi en soi. Mon Indiana n’était pas juste endormi, il était terré dans un racoin, caché sous un paquet de couvertes, il s’appelait M. Jones et sentait le renfermé. Il a fallu y voir car, pendant quatre jours, nous avons traversé des rivières à pieds nus, grimpé sur des rochers mouillés, sans corde ni parapet pour nous retenir, marché sur du sol argileux (et un peu mouvant) qui nous rendait le pied dansant, descendu des pentes escarpées, recouvertes de quatre pouces de boue… du potentiel à foulage de cheville à la pelle! Vraiment, de quoi faire faire une crise de cœur à Parcs Canada.

Ne reculant devant aucune difficulté, nos vêtements éternellement humides et nous avons aussi gravi, avec succès, les 1200 marches menant au bourg, pour ainsi franchir le seuil de la cité perdue, un air de triomphe au visage. Parcourir le site a certes été impressionnant, mais le moment fort de la randonnée est plutôt venu de l’inconnu qui nous a visité au camp, à la fin de la dernière journée.

Dans la région, il existe encore un nombre respectable de tribus aborigènes, vivant en marge du monde. Du sentier, nous pouvons entrevoir le village de Don F., notre visiteur (photo de droite). 

Le discours que Don F. nous a servi avait de quoi décontenancer. D’un côté, il y avait un profond respect de la nature et de ses ressources, l’importance de la famille et de la spiritualité et de l’autre, il y avait la pensée magique, l’isolement, les femmes réduites à un rôle purement nourricier, exclues de la vie politique et spirituelle de la communauté. Fascinant et révoltant à la fois. On pourrait s’étendre longuement sur le fonctionnement de ce genre de tribu, le modèle est connu. Ce qu’il y avait de captivant ce soir-là, autour de la table, c’était la seule présence de l’homme. Il vivait sa vérité avec tellement d’authenticité, mais aussi tellement de douceur et d’ouverture, que ces mots nous ont trouvé. Don F. n’était pas venu nous voir pour nous convaincre ou nous impressionner. Il était venu établir un contact, échanger, partager une vision dans le but de rapprocher deux mondes indéniablement différents, sans jugement ni brusquerie. Et ça, c’était franchement remarquable.

Les photos de Santa Marta et des environs ont été ajoutées à l’album de la Colombie ici.

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