Voyage au centre de soi-même

Vous connaissez-vous bien? La vie que vous menez nourrit-elle votre âme? Êtes-vous en harmonie avec vous-même?

Les deux dernières années m’ont montré qu’il est difficile d’harmoniser notre vie quotidienne et notre âme ou notre être profond, malgré l’importance que nous accordons à nos besoins. En choisissant d’être avec Georg – une excellente décision s’il en est une – j’ai mis un cadre autour de ma vie qui a, du reste, complexifié mon épanouissement personnel. Pour permettre à ma relation d’exister, j’ai choisi un travail que j’aimais peu, j’ai utilisé mes temps libres à faire ce que je pensais nécessaire pour m’intégrer sans pour autant en tirer une grande satisfaction. À l’extérieur de la maison, je vivais en marge, j’évoluais dans un monde qui, me semblait-il, limitait la libre-expression de ma personnalité. Pour atteindre un meilleur équilibre et me sentir en harmonie avec moi-même, peut-être me faut-il changer le cadre lui-même (travail, ville, pays) ou peut-être me faut-il changer la perception que j’ai de la situation, tout simplement. En prenant l’avion en mai dernier, j’ai décidé de faire de mon voyage un terrain d’exploration afin de nourrir cette réflexion et m’aider à définir ce que j’aimerais pour la suite des choses. Ainsi, il m’a paru tout naturel de profiter de mon passage au Pérou pour assister à une cérémonie ayahuasca.

Ayahuasca

Vendredi dernier, Georg et moi avons assisté à une cérémonie ayahuasca donc. En arrivant dans le temple, j’ai regardé les gens affairés à installer leur coussin et leurs couvertures. Des hippies, plein de hippies.

  • N: On est ben trop normal pour être ici.
  • G: Personne n’est vraiment normal ici. Tout le monde veut apprendre à mieux se connaître, ce qui est déjà inhabituel, tu ne penses pas?

En effet… Les gens qui composaient la ronde étaient tous prêts à boire ce breuvage à base de plante pour aller jeter un œil à leur âme, peu importe ce qui la compose. Je ne vous leurrerai pas. Bien que l’ayahuasca est considéré comme une médecine ici, les effets sur le corps et l’esprit sont similaires à toutes autres drogues hallucinogènes. Moi qui n’avait jamais fumé, même un joint de ma vie, ça promettait! Néanmoins, nous avions fait nos devoirs. Le shaman était digue de confiance et peu après 19h ce soir-là, nous étions en route vers notre être intérieur.

Mon expérience

Je vais essayer de vous résumer mon expérience, autant que faire ce peut. Pour moi, ça s’est passé en trois phases.

PHASE 1 – le moment où tout ce fond et ce confond. Les limites n’existent plus, le réel devient mou, les sens s’exacerbent. Plus je plongeais dans cet univers rappelant étrangement une pochette d’album de Pink Floyd, plus je m’agrippais à mon bucket (pour le vomi vous savez), dernier vestige de la réalité tangible. Mon bucket, rassurant, serré contre mon cœur, n’a servi qu’à peu de choses sinon que de me donner un sentiment de contrôle. J’ai finalement vomi à côté, sur ma couverte.

PHASE 2 – la phase de bien-être. Après ce qui m’a semblé une éternité, j’ai fini par sortir la tête de mon bucket. J’ai émergé. Il fallait que je me mouche. Sans m’en rendre compte, j’avais abondamment pleuré. En me dépliant, j’ai regardé cet espace nouveau qui s’offrait à mes yeux. J’étais fascinée. Je scrutais les environs avec curiosité. J’étais bien, j’étais remplie d’amour et de gratitude. Assise sur mon matelas, le dos raide comme une barre, j’ai laissé la musique, les chants et les mantras me bercer. À ce jour, je ne sais pas trop encore comment j’ai fait pour me moucher par contre.

PHASE 3 – le cauchemar. Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais à un certain point, j’ai mis les deux pieds dans la terreur pure. Plongée dans mon pire cauchemar d’enfant, j’étais complètement prisonnière, incapable d’en sortir. J’étais terrifiée. J’ai commencé à crier, puis donner des coups de pied. À un moment, n’y tenant plus, j’ai même mordu Georg (NDLR: by the way, je ne savais pas que c’était sa main, j’ai juste mordu ce qu’il y avait à proximité). Pendant plusieurs minutes, toutes mes certitudes ont disparu, je ne distinguais plus le vrai du faux. Mon état divaguant, qui n’était dans les faits que temporaire, était soudainement devenu ma nouvelle réalité. J’en suis même venue à me demander si le soleil existait vraiment et si je le verrais se lever encore un jour.

Évidemment, à un certain moment, les effets s’estompent. Je suis sortie de ma transe graduellement, guidée par les yeux de Georg que je refusais de quitter, comme un ancrage, une promesse rassurante que la réalité existe encore. Mon expérience n’a été ni plus ni moins qu’un maelstrom d’émotions si puissantes qu’elle m’a laissé complètement KO pendant les heures suivant la cérémonie. Je riais, heureuse que ce soit fini, je pleurais d’être soulagée de tout ce que j’avais évacué, j’étais reconnaissante pour l’expérience tout en me répétant “WTF?” en passant à la ride que je venais de terminer.

Est-ce que je recommencerais? Aujourd’hui, je dirais non. Probablement parce que ça vient tout juste d’arriver. D’un autre côté, je n’en sais rien. Plusieurs disent que, quand le moment est venu…

Est-ce que ç’en a valu la peine? Certainement. Après que le choc fut passé, un calme surprenant s’est fait en moi. Depuis quelques jours, je me sens mieux, libérée. Marcel Proust a dit: “Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.” C’était ça, pour moi, l’ayahuasca.

Contrairement à l’alcool, lorsque la médecine n’agit plus sur le corps, tout redevient normal, sans effet secondaire. Ainsi, je vais bien, je suis encore moi-même et je n’ai mal nulle part.

La suite du voyage

D’un point de vue plus terre à terre, notre voyage de découverte se poursuit aussi dans le monde réel. Après deux mois magnifiques passés en excellente compagnie, il est maintenant temps de dire au revoir à Cusco. Prochaine étape: la Bolivie pour trois semaines.

En bleu, les endroits principaux que nous avons visités, inclus dans l’album photo ici, et en rouge, les prochains arrêts. On se reparle quelque part à la mi-août. D’ici là, soyez sages! 😉

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One thought on “Voyage au centre de soi-même

  1. Pingback: Petits pieds | Exploring The Rabbit Hole

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