Retour sur la rando de la semaine: Choquequirao

Choquequirao

Choquequirao, aussi appelé la grande sœur du Machu Picchu, est une cité inca datant du XVe siècle, ouverte au public depuis une quarantaine d’années. Le complexe entier s’étale sur 1 800 hectares, dont seuls 30 à 40 % ont été fouillés à ce jour. Malgré la majestuosité des ruines, peu de visiteurs fréquentent le site. Pourquoi? Parce que le chemin pour s’y rendre n’est pas carrossable et que l’énergie que le sentier exige rend la randonnée extrêmement ardu.

La randonnée qui mène à Choquequirao

Nous avons, en tout et partout, randonné pendant trois jours dans les environs de Choquequirao. Pour les amateurs de statistiques: en trois jours, nous avons couvert 40 km et un dénivelé total d’environ 6,000 mètres. PAUSE. Si vous n’avez pas tiqué sur le 6,000 mètres, laissez-moi vous donner un exemple. Le mont St-Grégoire a un dénivelé d’à peu près 180 mètres sur 1,5 km. Durant la 2e journée de randonnage, notre trajet du matin consistait à couvrir 6 km et un dénivelé de 1,500 mètres. Si vous vous référez à vos notions de physique et de plan incliné, vous réaliserez que c’est deux fois plus à pic que les sentiers du Mont St-Grégoire sur quatre fois la distance. PAUSE. Maintenant, considérez que ce niveau d’escarpement s’applique À LA TOTALITÉ des 40 km. Ajoutez à cela qu’il n’y a pas de gîtes en chemin ni d’eau chaude, qu’il faut traverser à tout moment des nuées de sandflies et que les seules victuailles disponibles en route se résument à rafraîchissements, barres tendres, crackers et cannes de thon, vous comprendrez pourquoi il n’y a pas plus de quinze touristes par jour qui visitent le site…

Retour sur la grève

Georg vous a parlé de la grève qui sévissait à Cusco la semaine dernière; une grève de deux jours qui a paralysé les transports et a rendu pratiquement impossible tout déplacement hors de la ville. Jour 1 de la grève, nous étions désappointés de devoir reporter notre périple de deux jours. Jour 2 de la grève, nous avons tenté notre chance avec un “transporteur” privé. Ç’a très bien marché. Pendant que tous les tours guidés étaient coincés en ville, nous étions en route. Résultat? Nous étions seuls sur les sentiers et encore plus seuls sur le site. Dans les ruines, nous n’avons croisé que quatre autres touristes. La grève, en ce sens, nous a bien rendu service. Nous y repenserons la prochaine fois qu’un imprévu viendra contrecarrer nos plans…

Impressions sur notre périple

La quiétude des lieux a réellement marqué nos esprits. L’absence de touristes accentuait le sentiment d’avoir nous-mêmes découvert une cité perdue. L’énergie qui se dégageait du site était palpable. J’en ai glissé un mot la semaine dernière, quand les hordes de touristes débarquent quelque part, impossible de ressentir quoi que ce soit. L’atmosphère est alourdi de tous les cliquetis de caméra, les explications des guides et les éclats de voix des visiteurs hyper enthousiastes. Mais samedi dernier, à Choquequirao, il n’y avait pas touristes, pas de caméras, pas de guides. Et il y avait de la magie dans l’air.

Nous avons, encore une fois, été victimes de l’amour des Incas pour les marches. Les mautadines de marches inégales qui m’arrivent au genou. Pas de doute, les Incas devaient avoir des abducteurs du tonnerre!

Le deuxième soir, nous avons agrémenté notre menu en arrêtant chez une dame qui nous a fait un lomo saltado maison. Vraiment, un rayon de soleil culinaire dans notre quotidien d’aliments non périssables. Voir ledit Lomo entre ma face de ‘pu capable’ – “non mais, tu viens quand même pas de prendre une photo?!” – et mes marques de sueur à travers la poussière accumulée.

Le confort. Je vous en ai parlé aussi il y a quelques semaines. Chez moi, tout était confortable. J’ai été élevée dans la grosse ouate épaisse, douce et fluffy. Bien sûr, mes parents m’ont appris un paquet de choses dont l’importance de travailler fort, de donner le meilleur de moi-même, de me dépasser. Mais dans la pratique, ces principes n’étaient jamais vraiment appliqués au niveau corporel / sport. Soutenir un effort physique sur une longue période (et souffrir), ça n’a jamais fait partie de ma vie. La ouate, je vous dis! Ainsi, quand mon corps était épuisé, que mes muscles brûlaient et que ma tête me disait que c’en était assez, j’étais un peu démunie. Puis, entre quelques pensées décourageantes, d’autres, plus positives, plus agressives aussi, ont fait surface. Sur les sentiers de Choquequirao, alors que je pensais être au bout de mes ressources, l’idée de persévérer, de ne pas lâcher – idée bien arrosée depuis l’enfance – a eu le dessus. “C’est dans le dernier stretch qu’on reconnaît les champions!”, comme on dit chez nous. Au final, après trois jours de randonnée, dans la chaleur et la poussière, avec un sac plein d’équipement de camping, badigeonnée de plusieurs couches de crème solaire et d’anti-moustique, j’étais fière. Au-delà des inconforts et des défis, je me suis donnée la chance de vivre quelque chose d’unique, de voir ce que peu d’entre nous ont la chance de voir. Et les souvenirs accumulés à l’ombre des ruines incas ce jour-là resteront dans ma mémoire longtemps après que les courbatures aient disparues, croyez-moi.

J’ai ajouté les photos de Choquequirao à l’album du Pérou publié la semaine dernière. Si vous allez jeter un œil, les nouvelles photos sont à la fin.

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4 thoughts on “Retour sur la rando de la semaine: Choquequirao

  1. Je suis tellement déçu qu’une fois rendus en haut, vous n’avez pas pensé à activer le dispositif de téléportation que je vous avais sciemment remis!!! Grrr….
    Plus sérieusement, ton récit, tes photos, sont simplement magnifiques. Je peux pratiquement ressentir toute l’intensité du moment. C’est sûr que ce n’est pas comme si vous m’aviez téléporté avec vous (Grrr…), mais ça m’a quand même permis de m’évader pendant un moment et d’avoir des images pleins la tête 😉 Merci!

    Bonne continuation à vous! Au plaisir de vous suivre! xx

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    • Hahaha!!! En effet, quel oubli monstrueux… 🙊 Heureuse néanmoins qu’une partie de la magie se soit rendue jusqu’à Granby beach! Xx

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  2. Pingback: How to do Choquequirao hike | Exploring The Rabbit Hole

  3. Pingback: Addendum Buenos Aires | Exploring The Rabbit Hole

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