Le confort

Suis-je prête à me placer dans une situation inconfortable pour expérimenter quelque chose de différent, d’unique? De combien de couches de ouate puis-je me passer au quotidien?

Dans une autre vie, la réponse à ces questions était respectivement: bouof, pas sûre et pas beaucoup. Durant la nuit de samedi à dimanche, j’ai amplement eu le loisir de réfléchir à la question du confort – physique principalement – et au minimum dont j’ai besoin pour me sentir bien. Et mes réponses aujourd’hui sont bien différentes de celles d’avant.

Le weekend

Un ami de Georg avait loué une voiture pour le weekend et organisé un groupe pour aller à un festival traditionnel indien nommé Qoylloriti.

Qoylloriti est en fait un pèlerinage annuel qui se termine dans la vallée de Sinakara, où se déroule un festival célébrant différents dieux issus des périodes pré-inca, inca et espagnole. Une sinueuse route alpine mène au point de départ du pèlerinage, qui lui se trouve à 3h de Cusco et à 4,100 m d’altitude. Le trajet du pèlerin est de 12 km, parsemé de 12 croix et culmine à 4,700 m d’altitude. Les célébrations et danses traditionnelles commencent dans la vallée, au lever du soleil.

Voyant là une extraordinaire opportunité à participer à quelque chose d’authentique, nous nous sommes joints au groupe et sommes allés, nous aussi, célébrer le seigneur de Qoylloriti. C’est ainsi que j’en suis arrivée à méditer sur le confort. Au cœur des Andes, au milieu de la nuit, avec des milliers de Péruviens, en (très) haute altitude, à -5°C.

Quand je me suis levée à 00h30 (dans l’auto), après avoir “dormi” 3 heures (dans l’auto), j’avais encore mal au cœur de notre périple à travers les interminables lacets andins. Pourtant, la promesse d’une expérience tout à fait unique m’a poussée à mettre ma tuque, 5 couches de vêtements synthétiques et partir avec les autres, découvrir un aspect de la vie culturelle péruvienne qui, en d’autres circonstances, reste inaccessible aux touristes de notre genre.

Les mains gelées, la difficulté à respirer, la fatigue, les muscles tirés et les doutes – dans quoi me suis-je donc encore fourrée? – valent-ils ce que nous avons vu dans la vallée d’après vous? Est-ce que le confort physique (ou l’absence de) vous empêche parfois de faire ce dont vous avez envie?

Laver, laver

Parlant de confort, sur une base plus quotidienne…

Ici, à Cusco, c’est l’hiver. Le jour, il fait 20°C, la nuit -1°C. Les maisons ne sont pas chauffées ni isolées. Le chauffage se résume à un petit calorifère sur roulettes dans les aires communes. Dans notre chambre donc, quand le soleil disparaît, il fait frette en ta’.

Habituellement, je prends ma douche le soir, avant d’aller me coucher. Je me lave les cheveux aux 2 jours. En arrivant ici, je me suis entêtée. Douche tous les soirs, lavage de cheveux aux 2 jours, comme avant mais sans séchoir. J’ai souffert. Après quelques jours, je me suis dis: “OK, douche aux 2 jours seulement”. Je souffrais encore mais “seulement” un jour sur deux. Maintenant, je prends ma douche aux 3 jours, en début d’après-midi, quand je peux ensuite aller m’asseoir au soleil. Et quand mes cheveux sont visiblement sales, je mets un bandeau.

Les habitudes ont la couenne dure les amis et la ouate, me semblait-il, si difficile à enlever. Mais, quelle est la vraie ouate dans toute cette histoire? Être “propre” avant d’aller au lit ou être toujours au chaud?

Se salir ou se faire salir

Jour 1 de notre arrivée à Cusco. Georg me suggère d’aller apprécier la vue de la ville du haut d’une colline avoisinante.

Sur la colline, j’ai rencontré un alpaca que j’ai décidé d’aller saluer (et toucher afin de m’assurer qu’ils sont aussi doux et fluffy qu’on le dit).

On dit souvent qu’une chiure d’oiseau est un signe de chance. Qu’en est-il d’un crachat d’alpaca? Moi je dis que, comme la chiure d’oiseau, ça porte chance. J’ai donc été bénie, dès le premier jour, par un jet de gazon alpacanien. Pour vrai. Si vous aviez vu Georg rire… Mais pour le crachat, ne vous en faites pas. Je prenais encore ma douche à tous les jours à ce moment-là.

*Vous pouvez cliquer sur chacune des photos pour mieux les voir

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5 thoughts on “Le confort

  1. Ça fait drôle pour un père de savoir que ta tête se garnie d’aventure et récolte des moments uniques et, en même temps, que ton corps en paie le prix. Au moins, tu es bénie.
    J’ai déjà hâte aux prochaines communications. xx

    Like

  2. Pingback: Retour sur la rando de la semaine: Choquequirao | Exploring The Rabbit Hole

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